Accompagner les Troubles Alimentaires et les Addictions par la Thérapie Humaniste
La thérapie humaniste : Une Réponse Efficace aux Troubles Alimentaires et aux Addictions
La thérapie humaniste, une approche originale, différente et soutenante pour la prise en charge des addictions et des troubles alimentaires
La plupart de mes client.e.s qui souffrent de troubles alimentaires et/ou d’addictions découvrent pour la toute première fois la thérapie humaniste.
Pourtant, ils ont souvent expérimenté de nombreuses autres thérapies pour leurs troubles alimentaires ou leurs addictions : hospitalisation, psychanalyse, coaching, TCC (thérapies cognitives et comportementales), hypnose, sophrologie, etc.
Les limites des thérapies traditionnelles dans l’accompagnement des troubles alimentaires et des addictions
Ce qui en ressort souvent, c’est que :
- soit ils n’ont pas osé parler de leurs troubles alimentaires ou addictions à leur thérapeute et celui-ci ne les a pas forcément détectés (et c’est bien normal, puisqu’avoir des comportements compulsifs ou addictifs, c’est aussi passer maître en matière de dissimulation… Surtout ne pas être démasqué).
- soit ils en ont parlé mais ne se sont pas senti compris.es
- ou alors la thérapie s'est centrée sur le symptôme et les thérapeutes ont tenté de l'alléger ou de l'éradiquer. Le patient ou client s'est senti de moins en moins proche de son thérapeute, ce qui l'a conduit à interrompre sa thérapie.
Avez-vous déjà entendu parler de la thérapie humaniste pour l'accompagnement des addictions et troubles alimentaires ?
Encore assez peu connue en France, elle propose une relation client-thérapeute différente.
Comment la thérapie humaniste approche-t-elle les addictions et les conduites compulsives, comme les troubles alimentaires ?
Voici comment je pratique la thérapie humaniste avec mes clients qui souffrent de troubles alimentaires et/ou d’addictions et POURQUOI elle peut être particulièrement soutenante et transformative pour ces personnes
Le postulat de base de la thérapie humaniste : la tendance actualisante
“Je m’en sortirai jamais, je suis trop cassée”, disent souvent mes clientes en début d’accompagnement. Est-ce que vous pourriez dire cela aussi ?
Le désespoir les fait se demander à quoi ça sert, finalement , de se donner tout ce mal et si leur vécu, leur histoire, n’en a pas fait des “cas désespérés”. Elles sont prêtes à essayer encore une fois, mais avec la peur que rien ne change pour elles.
Le thérapeute humaniste croit au potentiel d’actualisation et d’évolution de son client et le lui rappelle régulièrement. Vous avez besoin, même de manière infime, de savoir que vous pouvez évoluer, sans quoi, vous risquez de désespérer et d’abandonner votre thérapie. Cette foi dans le potentiel d’actualisation ressemble au regard positif inconditionnel, dont je parle un peu plus loin.
L’ici et maintenant dans la thérapie humaniste pour les troubles alimentaires et les addictions
“J’ai parlé de mon passé des dizaines de fois et ça n’a rien changé”.
“Ouais, je sais que c’est en lien avec ma mère, ce qui m’arrive, c’est ce qu’on m’a dit, mais après ? J’en fais quoi, de cette information ? “
Ça aussi, ça vous parle ?
La thérapie humaniste met au centre votre expérience présente et immédiate. En tant que thérapeute humaniste, je vous encourage régulièrement au cours de la séance à exprimer vos sensations, émotions et pensées du moment.
“Mais moi, je ne sais pas ce que je ressens”
Pas grave ! C’est bien pour cela qu’on est en thérapie, pour vous aider à reconnecter à ce qui se passe en vous.
La Considération Positive Inconditionnelle : Un Pilier de l'Approche Humaniste
Je vous encourage également, en séance, à me dire ce que vous ressentez à mon contact (cf. la relation client-thérapeute ci-après)
Pourquoi revenir toujours à l’ici et maintenant ?
Pour vous aider à ressentir des choses que vous évitez de ressentir dans votre vie quotidienne, car trop douloureuses, trop incompréhensibles ou qui font trop peur.
Or, tout ce qui peut être ressenti vraiment est apprivoisé, n’agit plus en sous-marin. C’est comme sortir le monstre du placard.
Dans le cadre thérapeutique,vous ne serez pas seul.e avec vos sensations et émotions, mais en lien avec votre thérapeute. Je vous aiderai à nommer et à exprimer ce qu’il se passe pour vous.
Exemples de séances en thérapie humaniste
Certaines thérapies encouragent leurs patients ou clients à parler de leur passé de manière désincarnée, comme s’ils racontaient une histoire apprise par coeur.
Non seulement cela n’aide pas le thérapeute à rencontrer son client (a-t-on besoin d’avoir toutes les informations sur une personne pour se connecter à elle ?), mais en plus, cela accentue la désagréable impression d’être un objet cassé qu’on amène se faire diagnostiquer et réparer.
En thérapie humaniste, j’apprends à vous découvrir au gré des séances, des parties de vous émergeront et seront alors exprimées.
La relation au coeur de la thérapie humaniste
Les addictions, y compris l’obsession alimentaire, apparaissent comme des moyens d’anesthésier de grandes souffrances intérieures (qu’on peut appeler du vide et qui ressemblent à une grande anxiété, une agitation, ou au contraire le sentiment de ne rien ressentir, de n’être rien).
Les personnes qui n’ont pas reçu les conditions nécessaires pour s’individuer (devenir un adulte avec sa personnalité propre, conscient de ses contours et de ses besoins) ni pour se sentir en sécurité développent généralement ces comportements.
On peut voir les TCA et les addictions comme une “maladie de la relation”, au sens large (pas seulement relations aux humains mais aussi à la nourriture, au corps, à l’argent, au monde).
La relation va donc réparer, apaiser et donner les fondations solides dont la personne a besoin pour se déployer.
- La relation client-thérapeute dans la thérapie humaniste
La qualité de la relation entre le thérapeute et le client est un élément crucial de la thérapie et, surtout, elle est un matériau thérapeutique essentiel.
Une relation de qualité repose non seulement sur une bonne entente, mais surtout sur la confiance et la sécurité.
La congruence du thérapeute, par exemple (j’en parle un peu plus loin), apporte de la sécurité au client, même quand cela l’amène à dire des choses désagréables à entendre.
Par exemple, le thérapeute va encourager son client à exprimer son agacement vis-à-vis de lui (Je pourrais avoir l’impression que ce que je dis vous agace, est-ce juste ? Comment vous sentez-vous avec mes mots ?)
Il va aussi répondre avec honnêteté aux questions qui lui sont posées, sans se mettre en posture haute de technicien.
Les thérapeutes utilisent la relation d’humain à humain pour offrir au client ce qu’il n’a pas reçu dans son passé.
Par exemple, en séance individuelle ou de groupe, je vous questionne régulièrement sur l’effet de mes mots sur vous, sur ce que vous ressentez ici et maintenant et, en retour, exprime aussi ce qu’il se passe pour moi à votre contact.
- La relation avec les autres participants dans les groupes de thérapie humaniste
Dans les groupes humanistes, on met l’accent sur la congruence des participants, encouragés à exprimer la vérité de leurs ressentis et de leurs pensées dans l’ici et maintenant (quitte à prendre des risques !)
La posture du thérapeute humaniste
- Incarner l’humanisme pour de vrai
Un peu plus loin dans l’article, je fais la liste des attitudes que doit tenir un thérapeute humaniste en séance.(ici) Ces attitudes vont toutes ensemble, le thérapeute ne pioche pas dans l’une ou l’autre, elles doivent coexister. De l’empathie sans congruence peut laisser s’enliser la thérapie, tandis que la congruence sans empathie peut par exemple amener le thérapeute à s’adresser avec violence à son client.
Ma vision des choses c’est qu’on ne peut pas être humaniste seulement dans son cabinet ou derrière son écran, enfiler son costume de thérapeute humaniste le matin et le laisser au vestiaire le soir. L’approche humaniste, c’est un paradigme, une vision du monde, qui doit, pour être cohérente, être incarnée aussi dans le quotidien, dans “la vraie vie”.
- Une approche centrée sur la personne (ACP) et pas ses symptômes
Pour le dire simplement, l’approche humaniste met l’humain au centre. Dans nos séances individuelles et de groupe, nous nous concentrons sur vous, ce que vous ressentez ici et maintenant, comment vous vivez le lien avec votre thérapeute et avec les autres membres du groupe. Ce qui compte plus que tout, c’est votre expérience subjective. On parle donc surtout de vous, plutôt que de vos symptômes (crises de boulimie, tabagisme, alcoolisme, addiction au sexe, aux rencontres, aux jeux vidéos, etc)
Exemple : approche centrée sur le symptôme (exemple fictif)
Client : j’ai encore fait des crises de boulimie hier soir, c’était horrible, j’en peux plus. Il faut qu’on trouve une solution
Thérapeute : Il s’est passé quoi, comment vous expliquez cette crise ? (on parle du symptôme)
Client : bah, j’en sais rien, j’avais besoin de combler un vide
Thérapeute : c’est quoi, ce vide ?
Client : je sais pas, un vide d’amour, j’imagine ?
Thérapeute : qu’est-ce qui vous fait dire ça ?
(L’échange devient cognitif et tourne autour du symptôme crise et vide, mais plus de la personne et de ce qu’elle expérimente ici et maintenant)
Exemple de séance avec une approche humaniste
Client : j’ai encore fait des crises de boulimie hier soir, c’était horrible, j’en peux plus. Il faut qu’on trouve une solution
Thérapeute : ma sensation, quand je vous écoute, c’est que vous semblez avoir très peur. Je pourrais sentir du désespoir.
Client : oui, c’est clair, je me sens dans l’urgence, il faut absolument que je trouve une solution. Mais du coup, je sais plus quoi faire.
Thérapeute: est-ce que vous arriveriez, ici, avec moi, à connecter à ce que ça fait dans votre corps, ce sentiment d’urgence ?
Client : c’est une panique, en fait. Je sens rien à part ça.
Thérapeute : vous la situez où, à peu près, en vous, cette panique ?
Client : Là (montre sa poitrine). Et là aussi (montre sa gorge puis son ventre).
Thérapeute : D’accord. Vous avez l’impression que ça fait comment, cette sensation ?
Client : c’est comme si quelqu’un serrait ma gorge avec ses mains. Et dans ma poitrine, ça s’emballe
(le thérapeute aide la cliente à rester dans l’ici et maintenant pour qu’elle ressente des sensations qui lui sont insupportables mais qu’elle ressent pourtant seul.e chez elle. La différence, c’est qu’ici elle n’est pas seule, elle est guidée, accompagnée, rassurée. Elle va pouvoir alors, entre autres, faire l’expérience qu’elle peut se tenir dans ces sensations sans en avoir peur. C’est différent d’une posture dans laquelle on analyse des sensations qui ont eu lieu à un autre moment et où on cherche des techniques et des stratégies mentales absolument inapplicables puisque le sujet est : la peur et la panique ressentis et non le symptôme “crise de boulimie”)
- Le regard positif inconditionnel ou la considération positive inconditionnelle
La personne qui souffre de boulimie, d’hyperphagie ou d’addictions a généralement une estime d’elle-même très basse, quand elle n’a pas carrément développé une haine structurelle de soi.
Elle se sent facilement nulle, pas à la hauteur, inadéquate et a très peur de sentir du jugement dans le regard de son thérapeute.
Cette peur du jugement teinte toute la relation thérapeutique est il est fondamental que la cliente sache ET sente que son thérapeute porte sur elle un vrai regard positif inconditionnel (et c’est le job du thérapeute que de travailler ça en supervision)
Le risque, si la cliente ne finit pas, au bout d’un moment, par sentir (car il ne suffit pas de le savoir!) le regard positif inconditionnel de son thérapeute sur elle, c’est qu’elle se suradapte dans sa thérapie comme elle le fait dans sa vie. C’est-à-dire qu’elle cache des choses importantes à son thérapeute parce qu’elle en a trop honte ; qu’elle exagère des avancées pour faire plaisir à ce dernier ; qu’elle n’ose pas exprimer quand son thérapeute la met en colère, l’irrite ou crée de l’inconfort en elle.
- Le rôle de l'empathie dans la thérapie humaniste
Le thérapeute cherche à comprendre le monde intérieur du client avec une empathie profonde, pas seulement ressentie mais aussi exprimée.
En tant que thérapeute humaniste, j’exprime ce qu’il se passe dans mon corps quand nous échangeons. C’est cela qui permet une vraie connexion, pas seulement mentale.
- L'impact de la congruence sur le processus thérapeutique
Sans doute ma condition favorite, celle qui apporte une vraie richesse au client.
La congruence, c’est le fait que le thérapeute soit connecté à ce qu’il ressent dans son interaction avec son client et qu’il exprime avec honnêteté ce qu’il vit.
C’est sans doute le critère qui différencie les approches plus traditionnelles de l’approche humaniste, puisque le thérapeute est réellement impliqué dans le processus.
Elle permet aussi au client de trouver de la sécurité, en trouvant une cohérence entre ce qu’il ressent et ce que lui dit son thérapeute.
Je vous donne ci-dessous deux exemples :
Situation 1 : neutralité bienveillante (le thérapeute ne s’implique pas)
Client : je vous ai senti irrité tout à l’heure, quand je suis arrivée en retard, j’ai peur que vous trouviez que je ne suis pas sérieuse
Thérapeute : Ah non, pas du tout. De toute manière, c’est votre séance, ça vous regarde si vous êtes en retard, ça réduit la durée de notre temps ensemble.
Le retard et ce que ça a provoqué chez le thérapeute apparaissent comme un non-événement, alors que ça aurait pu faire l’objet de développements très importants pour le client et la relation thérapeutique. De plus, le client SENT bien que quelque chose a été différent chez le thérapeute, mais comme ce dernier a appris qu’il ne devait pas exprimer ses sentiments, le client n’aura pas la possibilité de valider la vérité de son ressenti.
Situation 2 : congruence, empathie et regard positif inconditionnel
Cliente : je vous ai senti irrité tout à l’heure, quand je suis arrivée en retard, j’ai peur que vous trouviez que je ne suis pas sérieuse
Thérapeute : j’entends ce que vous dites et j’entends vos peurs. Que craignez-vous que j’ai pu me dire sur vous ?
Client : Que j’arrive tout le temps en retard, que j’ai pas envie de m’en sortir; que je suis pas fiable.
Thérapeute : est-ce que vous auriez envie que je vous dise ce que j’ai ressenti et me suis dit vraiment quand vous êtes arrivée en retard ce matin ?
Client : oui, je veux bien…
Thérapeute : la première chose que j’ai vue, c’est que vous étiez essoufflée, vous sembliez avoir très chaud, comme si vous aviez couru. J’ai eu de la peine de vous voir dans cette grande pénibilité. J’étais effectivement irritée, parce que je venais de recevoir un mail désagréable et que je m’en suis voulu d’avoir consulté ma messagerie “en vous attendant”. J’aurais dû être pleinement dans la séance, y compris avant votre arrivée, puisqu’elle avait commencé même en votre absence. Je me suis jugée “pas très pro” sur ce coup-là. Voilà ce qui s’est réellement passé pour moi et que vous avez sans doute capté. Ça vous fait quoi, ce que je vous dis ?
Dans ce 2e exemple, le thérapeute ne fait pas de mystère, ne dissimule pas d’informations, il ne joue pas au thérapeute.
La conséquence, pour la cliente, c’est souvent un soulagement d’avoir perçu quelque chose qui est validé (l’irritation), une plus grande sécurité face un thérapeute qui répond aux questions et ne prend pas le pouvoir
En quoi l’approche humaniste est-elle efficace pour des personnes qui souffrent d’addictions ou de troubles alimentaires ?
Lorsque l’on souffre de ce genre de symptômes, on est souvent habitué.e à être vu.e comme un problème à résoudre, à tel point qu’on finit par le croire. On erre alors de thérapie en thérapie, à la recherche de la personne qui saura nous réparer.
Pourtant, ce qui répare, apaise et permet, à terme, de se libérer de ses addictions et compulsions, c’est de se reconnecter à notre potentiel créateur, de retrouver notre autonomie et notre liberté.
La thérapie humaniste offre les conditions pour cela en considérant le client comme une personne et pas comme un problème à résoudre. Grâce à l’attention mise sur la relation et l’alliance thérapeutiques, sur l’ici et maintenant, le client vit la vraie expérience incarnée (et pas dans sa tête) de la sécurité relationnelle.
Ce tremplin lui donne la solidité pour reprendre la souveraineté sur sa vie.
Ressource gratuite
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