Quand les relations aggravent les compulsions et addictions
Ce récit pour illustrer le lien possible entre compulsions, addictions et relations
Cramponnée à sa chaise, elle se tortille dans tous les sens, d’ennui, de rage et de désespoir.
Tout le monde a l’air super intéressé par cette réunion.
Mais pour elle, ça n’a aucun sens. Des chiffres, des tableaux, du blabla.
Un groupe de personnes qui manipulent du jargon, pour se sentir intelligentes. Qui se réunissent pour se redire les mêmes inepties qu’à la dernière réunion et qui se rediront les mêmes choses à la suivante.
Toutes ces choses qui pourraient être réglées à distance, efficacement, si quelqu’un prenait ses responsabilités et pilotait le tout.
Mais non. Elle est coincée là. Elle a la sensation qu’on lui vole sa vie, son temps, ses ressources. Comme une bouteille percée qui se vide de son liquide vital.
Le plus difficile pour elle, c’est cette sensation d’être prise en otage. Cette impuissance.
A chaque fois que quelqu’un remet une pièce dans la machine en posant une question, elle s’effondre un peu plus intérieurement.
Et le pire, c’est qu’elle doit faire semblant d’être intéressée. Sourire. Avoir l’air sérieux. C’est ça qui la tord intérieurement. C’est ça qui la consume.
Non seulement elle est complètement coincée mais en plus elle doit se trahir elle-même.
Est-elle la seule à se dire ça ? Pourquoi tout le monde a l’air si calme ?
C’est quoi, son problème à elle ? Elle a vraiment des problèmes de concentration, c’est ça en fait… rien ne l’intéresse de toute façon. Elle n’a jamais su faire ce qu’il fallait. Elle est cassée. Il faut qu’elle se ressaisisse.
Son seul réconfort, face à cette insupportable tension qui monte : la clope qu’elle fumera en sortant. Pourvu qu’elle ait le temps et qu’elle ne se fasse pas alpaguer par un des chefs, sinon elle pourrait en pleurer de rage.
Et puis, depuis quelques minutes, commencent à tourner dans son esprit toutes les choses qu’elle va manger en rentrant chez elle.
« En sortant, je file au supermarché, si j’arrive à choper le rer, ça sera encore ouvert. »
Liste mentale de tout ce qu’elle va s’acheter à manger. Et de l’alcool. Un pack de bières. Non, il faut quelque chose qui agisse plus vite. Un mousseux, ça montera à la tête direct.
Saucisson. Tarama, avec des blinis. Et des céréales avec du lait. Comme ça y aura du volume. Et une quiche. Elle la mettra au four pendant qu’elle dégomme le reste. Des bonbons. Du chocolat. Des chips.
« Oh, oh, Émilie, vous êtes avec nous ?! »
« M****, j’ai pas entendu la question. Bon sang mais je suis tellement nulle, tellement nulle. Toujours à la ramasse. Ne pas rougir, surtout ne pas rougir. Montrer que je maîtrise. Sortir un petit trait d’humour pour cacher que je me décompose. Faire un sourire charmant. Ils doivent penser que je suis sérieuse. Et fiable. Et bien dans ma peau »
Dans la rue, personne ne se dira qu’elle est rongée d’angoisses, qu’elle est obligée de se droguer à la bouffe, au tabac et l’alcool pour tenir bon.
Elle donnera le change.
Elle cachera juste sa tête entre ses épaules au moment du passage en caisse. En apnée, elle priera pour que la caissière ne la regarde pas. Elle essaie de tourner, de ne pas avoir toujours la même pour ne pas éveiller de soupçons.
Et elle rentrera, jettera son manteau sur le sol, commencera sa crise sans même enlever ses chaussures. Au moment où la chaleur de l’alcool entrera dans son sang, elle sentira le soulagement. Et le sucre, le sel, la douceur de toute cette nourriture, l’enveloppera pour quelques heures.
« Je reprendrai le combat demain. On verra demain »
….
Ça pourrait être le récit exact de tant de moments que j’ai vécus, il y a encore quelques années.
Ça pourrait aussi être le récit de ta vie en ce moment.
SI tel est le cas je te propose de rejoindre l’expérience éphémère « En lien », qui démarre le 25 juillet et durera 30 jours (tu peux rejoindre en cours de route)
Pendant ces 30 jours, je partagerai avec toi un audio un jour sur 2 sur les relations avec les autres, ta relation à toi, ta relation au monde. Tu pourras échanger avec les autres membres du groupe de discussion, autour des thèmes explorés.
Quand on souffre de TCA et / ou d’addictions, les relations sont source de grande souffrance. Cette souffrance est à la fois la cause et la conséquence des symptômes addictifs et compulsifs.
Si ça te parle, cette expérience est faite pour toi.
ou prendre le Pack de 3 expériences (Retour au corps, Se prendre à coeur et En lien)


