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Boulimie et image de soi

Je mange parce que je me trouve grosse

Boulimie et image de soi :
quand prendre du poids fait manger plus

“Ce n'est pas le fait de manger qui me fait grossir,
c'est le fait de grossir qui me fait manger"

Ce sont les mots d’une jeune femme boulimique avec laquelle j’ai échangé, des mots prononcés par plein d’autres personnes avant elle.

  • Voir son reflet dans le miroir
  • Se voir transformée
  • Se dire qu’on a grossi
  • Constater qu’on remplit davantage ses vêtements
  • Ressentir une profonde haine de soi
  • Un sentiment très fort de honte 
  • Le désespoir 
  • Ne plus savoir où se mettre
  • Ne plus oser sortir
  • Redouter plus que tout de croiser quelqu’un qu’on connaît
  • Un mal-être dont on ne sait que faire et qui aboutit à la crise.

"Foutu pour foutu...
De toute façon, je suis si horrible, autant manger...
Je verrai demain, mais là je suis trop désespérée…
Je ne peux plus me supporter, il faut que je stoppe tout, mes pensées, cette image de moi."

La haine de soi engendre et entretient l’addiction.
Le dégoût de soi précède généralement la crise.

On imagine souvent que les choses se passent de la manière suivante : pour une raison ou une autre, je me mets à faire des crises de boulimie , donc je prends du poids, donc je ne supporte plus mon corps.

On pense peu au fait que la logique est souvent inverse : j’ai un déficit profond d’estime de moi, j’ai structurellement honte de moi, je ne me sens souvent mal dans ma peau, je n’arrive pas à me regarder sans jugement ; l’addiction à la nourriture et l’hypercontrôle me permettent de vivre ça tant bien que mal.

Mais quand je fais des crises, ou simplement que j’ai une alimentation déstructurée et que je vois que j’ai pris du poids, alors je ne supporte plus du tout mon image dans le miroir.
« J’aurais envie de prendre un couteau et de couper tout le gras, ou d’enlever ma peau, de tout enlever, tout ce gras », me dit par exemple une jolie jeune fille aux belles formes voluptueuses, qui se tolère à peine quand elle est très maigre et se hait profondément quand elle a pris quelques kilos.

Obsession alimentaire et sensations du corps

"L'obsession revient parfois lorsque je grossis, que mes vêtements me serrent ou ne me vont plus, que je me sens moche."
"Je retombe dans l'obsession quand je me trouve grosse ; quand je vois mon image et que je me dégoûte."

Toute sensation venant rappeler une <b>prise de poids </b>devient insupportable : des cuisses qui se frottent, des vêtements qui serrent, un peu plus d’essoufflement dans l’escalier. Cela ne crée pas juste un inconfort, mais un désespoir profond, un rejet et une haine de soi.

Pour contenir cette grande détresse – que les personnes ne souffrant pas d’obsession peuvent difficilement comprendre (« bah ça va, t’es pas grosse » ; « t’as qu’à faire attention pendant deux semaines et tu perdras tes kilos » ; « et si tu mangeais des légumes au lieu de manger des gâteaux, quand t’as faim ? ») – on utilise alors le meilleur anesthésiant qu’on connaisse : les crises de boulimie, ou le chaos alimentaire.

Le cercle vicieux est en marche.

On n’a plus envie de faire attention, on ne mérite plus de soin. Autant y aller à fond. Demain, on se ressaisira, ce sera un autre jour.

Comment sortir du cercle vicieux ?

Je ne le dirai jamais assez : on ne sort pas de la détresse en se privant de sa seule béquille. Autrement dit, même si cela semble logique, ce ne sont pas les crises le problème, ici.
Le problème, c’est ce manque structurel d’estime de soi, qui fait que les personnes boulimiques peuvent ressentir une immense angoisse à vivre dans leur propre corps.
C’est ok de ne pas s’aimer avec quelques kilos en trop ; d’avoir envie d’être plus mince. Non, tout le monde n’est pas obligé de s’adorer dans son corps.

Mais on peut, tout en n’adorant pas son corps, s’accorder un minimum de respect. Se traiter avec bienveillance et non comme un objet à mettre à la poubelle. Sauf que quand on cristallise toute sa valeur dans le poids qu’on fait et sa taille de vêtements, qu’on associe la prise de poids à de la faiblesse, du laisser-aller et non juste à un événement de vie, alors on ne peut que se haïr d’avoir grossi et haïr ce corps qui montre cette faiblesse au reste du monde. C’est alors comme si le corps était un traître, qui attire l’attention des autres sur notre insuffisance.

Croire qu’en perdant ces kilos, on retrouvera de l’estime de soi est illusoire.

C’est en recouvrant une estime inconditionnelle de soi, même quand on a des kilos en trop, qu’on peut sortir doucement du cycle de l’obsession alimentaire.

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