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Boulimie : deux mesures d’urgence pour aller mieux

Lorsque j’étais une “boulimique active”, je me levais tous les matins en me faisant la promesse de ne pas craquer.

Je passais ensuite toute mes journées à ne penser qu’à la nourriture et à mon poids. Durant des années, je me suis fait violence et ai usé d’une volonté inouïe pour essayer d’échapper aux crises de boulimie.

Ce n’est que lorsque j’ai commencé à lire des ressources sur le sujet et à essayer de prendre réellement du recul que je me suis rendue compte que je m’épuisais dans un combat perdu d’avance. Pendant tout ce temps, je m’étais attaquée à un faux problème : mes habitudes alimentaires. Lorsque j’ai compris et accepté que la boulimie n’est pas un problème alimentaire, j’ai commencé à mettre en œuvre tout doucement les vraies solutions, celles qui m’ont permis de me libérer de l’addiction pour de bon.

Tant que l’on n’étudie pas le sujet ou que l’on ne prend pas de recul sur ses troubles alimentaires, on est constamment épuisé(e)s par d’éternelles luttes contre nos pulsions.

Lire l’article : Etre boulimique, c’est quoi?

Alors, pour se libérer de son trouble alimentaire et se sentir mieux, par où commencer? Que faire concrètement? Quelles sont les mesures d’urgence?

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1. Arrêtez de vous battre contre le faux ennemi

Tenter de changer ses habitudes alimentaires lorsque l’on souffre de TCA et, à plus forte raison, passer son temps à se retenir de faire des crises de boulimie est comme remonter une rivière à contre-courant : on n’avance pas et on finit par abandonner, complètement épuisé… Croyez-moi ou non, cela peut même être dangereux. Certes, les épisodes boulimiques ne sont biologiquement pas optimaux pour le corps. Mais les boulimies sont comme un fusible qui saute pour permettre à l’organisme de faire une trêve. On fait des crises de boulimie parce qu’on ne dispose pas d’autre moyen de gérer ses angoisses et son anxiété et, à cet égard, celles-ci maintiennent en vie et sont une échappatoire salutaire.

Je sais bien que ces propos font bondir la plupart des médecins, mais ceux qui bondissent n’ont sans aucun doute pas vécu la boulimie eux-mêmes.

Je suis surprise, lorsque je parcours les blogs ou les forums de discussion dédiés aux TCA, de voir que tout le monde se concentre presque exclusivement sur les sujets comme : quel régime adopter, quel sport pratiquer, quels astuces mettre en oeuvre pour tromper son corps et l’empêcher de faire des crises.

Souvenez-vous toujours que les crises de boulimie ne sont pas le problème

Je sais que c’est difficile, mais il va falloir accepter vos boulimies et arrêter de les considérer comme le problème. C’est exactement comme si vous en vouliez à votre organisme de vous faire tousser pour éliminer une infection.

Vous continuerez à faire des crises aussi longtemps que vous essaierez de les éradiquer sans accepter que c’est tout le reste qui est le problème : votre rapport à la vie, vos croyances, votre bavardage mental.

Ne vous méprenez pas : je ne dis pas que la boulimie et ses manifestations ne sont pas cause de souffrance au quotidien. Si, elles le sont! Réellement! Et comme la boulimie, c’est l’obsession pour la nourriture, elle est tout le temps là, avec nous. En aucun cas, je ne cherche à minimiser cette souffrance.

Mais réaliser qu’elle n’est qu’un symptôme d’autre souffrances vous aidera à lâcher-prise et à déculpabiliser, condition indispensable pour trouver l’énergie de se consacrer aux vrais dysfonctionnements.

Je vous demande vraiment de faire l’effort suivant : considérez désormais que vos crises de boulimies ne sont pas l’ennemi, mais vos alliées. Elles sont un réflexe auto-protecteur du corps, qui vous aide à tenir le coup le temps de régler les vrais problèmes. Elles sont certes présentes tout le temps, ne serait-ce qu’en pensée, mais vous n’êtes PAS elles.

Pour le moment, elles sont une partie de votre vie et vous y attaquer frontalement est un combat perdu d’avance et absurde.

Si j’avais eu les bonnes informations dès le début…

J’ai moi-même perdu beaucoup de temps à me battre contre le mauvais ennemi. Si j’avais eu les bonnes informations dès le début, j’aurais su que se dire : “d’abord, j’arrête de faire des crises de boulimie et ensuite, je serais heureux(se) et je pourrai régler le reste” est absurde et ne fonctionne pas.

Je ne suis pas en train de vous dire que vous ne vous en sortirez pas. Bien au contraire. Dès lors que vous cesserez de gaspiller de l’énergie pour contrôler l’incontrôlable, vous pourrez vous concentrer sur les vrais problèmes et vos crises de boulimie finiront pas disparaître d’elles-mêmes. Quitte à être extrêmement redondante, vraiment, acceptez les. Ne vous faites pas violence pour les contrôler. Elles se produisent parce que, pour le moment, vous ne pouvez pas faire autrement.Lorsque vous éprouvez le besoin de faire une crise de boulimie (une fringale n’est pas une crise de boulimie), même si c’est plusieurs fois par jour, ne vous en voulez pas. Vous faites comme vous pouvez et vous évitez le pire.

En-dehors des crises de boulimie, lorsque vous en avez le courage, prenez soin de vous, alimentez-vous sainement, mais uniquement avec des pensées comme : “je fais du bien à mon corps” ; “ je suis bienveillant envers moi-même” ; “je prends soin de moi”. Surtout pas en pensant : “je vais perdre du poids”, “je réussis à me contrôler”ou “enfin, j’arrive à me faire violence !”. Ce n’est pas qu’une simple question de sémantique. Dans le premier cas, vous vous faites réellement du bien ; dans le second, vous pouvez vous alimenter sainement, vous soumettez malgré tout votre organisme à un grand stress et annulez tous les bienfaits de votre alimentation saine.

2. A partir de maintenant, faites de votre sérénité mentale votre objectif prioritaire

Usez et abusez de tous les moyens disponibles pour apaiser votre mental et notamment de l’hypnose, de la méditation et de toutes les activités ou disciplines connues pour leurs vertus relaxantes. Faites-le vraiment, autant que vous le pouvez.

C’est simple : ces pratiques sont vivement recommandées pour tout le monde. Mais pour nous, boulimiques et autres troublé(e)s alimentaires, soumis à une anxiété et à une nervosité excessives, je recommande non seulement d’y recourir quotidiennement, mais aussi massivement.

C’est un peu comme si votre corps avait naturellement tendance à surchauffer et que vous deviez faire tout votre possible pour le maintenir en permanence à une température raisonnable. Ce n’est pas un luxe ou une petite faveur que vous vous faites : c’est tout simplement vital.

Ce qui m’est, personnellement, d’une aide précieuse

la sophrologie. Si vous pouvez vous en offrir ne serait-ce qu’une ou deux séances, vous apprendrez des méthodes que vous pourrez mettre en oeuvre à tout moment, y compris dans les situations d’urgence (pas pour éviter de faire des crises de boulimie, mais pour vous libérer d’une anxiété envahissante par exemple) ;

la méditation et l’hypnose : lorsque je sens que je sature, dès que j’en ai la possibilité, j’écoute un mp3. Si je le peux, j’en écoute plusieurs de suite, jusqu’à ce que je me sente mieux. Aussi longtemps que nécessaire. Vous trouverez des mp3 gratuits en français sur les deux sites suivants:

free-hypnosis-mp3 (site de Patricia d’Angelli et Olivier Lockert)

heureux-dans-sa-vie (site de Maxime Gréau)

L’application Hypnose propose aussi une vingtaine de séances d’hypnose gratuites.

Si vous souhaitez suggérer d’autres ressources d’hypnose ou de méditation, vous êtes invités à les partager en commentaire :). Il existe d’excellentes applications payantes, mais pour débuter, vous avez largement de quoi puiser dans les ressources gratuites ci-dessus.

Dans les premiers temps, il est souvent extrêmement éprouvant de rester seul(e) avec soi-même. Voire intolérable. C’est normal, persévérez. Si vous ne tenez que trente secondes, ce n’est pas grave. Recommencez plus tard. Trente secondes, c’est mieux que rien du tout. Ce n’est qu’ainsi que vous parviendrez à prendre de la distance à l’égard de vos pensées et à vous rendre compte de leur omniprésence et de leur impact sur votre quotidien.

Le yoga et l’activité sportive en général : croyez-moi ou non, j’ai hésité à en parler dans cet article. Cela peut paraître fou : tout le monde connaît les innombrables vertus de l’activité physique. Mais je sais aussi que nous, victimes de TCA, avons souvent un rapport relativement violent et coercitif au sport.

Je vous demande vraiment de changer de logique : pratiquez toute activité physique avec l’intention de vous faire du bien, de calmer votre mental et de vous libérer de votre anxiété. Pas dans l’optique de perdre du poids.

C’est très important parce que, dans un cas, vous générerez un stress énorme et produirez des pensées anxiogènes, en laissant votre mental prendre le contrôle ; dans l’autre, l’activité ne sera ni punitive ni stressante. Vous la pratiquerez comme cela vous convient, aussi longtemps que vous en éprouverez le besoin. Et vous arrêterez quand vous sentirez que c’est bon, vous avez apaisé votre mental.

On peut faire du sport intensif pendant deux heures et terminer en étant épuisé physiquement, mais toujours aussi stressé émotivement et mentalement. C’est normal : si vous avez passé deux heures à vous faire violence, le corps et l’esprit vivent un stress énorme.

Revenez sans relâche à vos sensations dès que votre mental s’égare… Sans vous faire violence!

Je vous demande aussi, dès que vous vous rendez compte que vos pensées prennent le dessus, de vous recentrer uniquement sur vos sensations pendant votre activité sportive : centrez vous sur la sensation de vos muscles, de votre respiration, de votre température corporelle. Peut-être mille fois votre mental reviendra-t-il vous tourmenter : à chaque fois, gentiment, sans vous faire violence ou vous le reprocher, revenez à vos sensations. Pour information : c’est le propre du mental de revenir bavarder par tous les moyens. C’est pour tout le monde pareil. Ce n’est pas vous qui avez un problème. L’important est de gentiment et doucement revenir à vos sensations chaque fois que vous en prenez conscience.

3. En résumé

Faire des exercices de sophrologie ou de relaxation, méditer, écouter de l’hypnose, faire du sport, ne sont évidemment pas les seules choses que vous pouvez faire. Mais vraiment, donnez vous cette chance d’aller mieux. N’en attendez rien de spécial, surtout pas de ne plus faire de boulimie.

Lorsque vous pratiquez l’une ou l’autre de ces activités, détendez-vous au maximum et essayez de toujours revenir à vos sensations (en vous attachant à ressentir vraiment votre respiration, par exemple).

Évitez de vous imposer des contraintes de temps ou de performance. La seule chose qui vous permettra de dire que vous en avez fait assez est l’apparition d’une certaine sérénité, qui ne viendra jamais si vous laissez vos pensées vous envahir.

Durant les périodes d’anxiété et d’agitation extrêmes, essayez de pratiquer au moins l’une de ces activités tous les jours. Si besoin, n’en faites que cinq minutes, ou même une minute, chaque fois que vous en avez le courage. Je vous promets que cela ne sert pas à rien! Quelques minutes seulement changent beaucoup de choses.

Dans les articles suivants de ce blog, nous verrons que notre état d’anxiété quotidien provient de croyances très ancrées sur le monde, la vie et les autres. Pour aller mieux, il ne suffira pas de comprendre les phénomènes que vous vivez, il faudra utiliser votre énergie pour changer votre expérience de vie au quotidien. C’est ainsi que vous vous sortirez de votre dépendance alimentaire…

… MAIS! Cela demande beaucoup de courage et de persévérance. Si vous ne vous offrez pas de pauses mentales et ne travaillez pas à calmer votre anxiété, vous ne pourrez rien améliorer du tout.

En consacrant dès maintenant votre énergie à acquérir des méthodes pour vous apaiser et vous distancier de vos pensées, vous vous rendrez compte de leur omniprésence et de leur pouvoir d’influence énorme sur notre quotidien.

Dans tous les cas, souvenez-vous qu’il ne suffit pas de pratiquer du sport ou d’écouter un podcast pour que “ça marche” : il faut vraiment, vraiment chercher à vous centrer sur votre présence et vos sensations (même si elles sont désagréables), vraiment être présent à ce que vous faites.

L’effort de lâcher-prise durant la pratique est tout aussi important que la pratique elle-même.

✨✨✨✨✨

J’espère que cet article vous aura donné des outils pour aller mieux, dès maintenant. Et vous, quelles sont vos méthodes à vous pour lâcher-prise et être plus serein(e) au quotidien ?

Avez-vous des lectures, des références à suggérer ? Peut-être des ressources en ligne ? Je vous invite chaudement à les partager en commentaire:)

Si vous aviez des questions ou des suggestions que vous souhaiteriez me transmettre directement, n’hésitez pas à m’écrire à bouledevie@gmail.com. Je me ferai un plaisir de vous répondre personnellement 🙂

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Très amicalement,

<3 Masha

Bienvenue sur Bouledevie.com! Je suis Masha, une boulimique qui s’en est sortie 🙂 Pendant des années et des années, j’ai été boulimique active (je faisais plusieurs crises de boulimie par jour). Pendant tout ce temps, j’ai souffert quotidiennement de ne pas trouver davantage de contenu, de témoignages ou de conseils d’autres personnes boulimiques sur le web. J’avais le sentiment que tant que je n’avais pas les moyens de m’offrir une thérapie, je devais juste me contenter de souffrir et d’attendre. Bien sûr, il existait et existe de nombreux blogs « journaux intimes », mais j’avais cruellement besoin de messages d’espoir et de solutions concrètes, pas de simplement lire les souffrances des autres. Lorsque j’ai commencé ma thérapie (comme de nombreux[ses] boulimiques francophones qui s’en sont sorti, j’ai suivi les groupes de Catherine Hervais), je me suis très vite rendue compte que j’aurais déjà pu avancer par moi-même si j’avais trouvé les bonnes infos et les bons messages sur Internet. De toute évidence, cela n’aurait pas suffi à me libérer de mes boulimies pour de bon ou à m’apprendre à vivre et à communiquer en toute sérénité, mais cela m’aurait très certainement permis de moins souffrir au quotidien. Je me suis promis que, dès que j’en aurais l’énergie, je contribuerai humblement à la transmission de tout ce que j’avais appris sur la boulimie et l’addiction alimentaire au cours de toutes ces années. Je ne suis pas médecin, ni psy. Je n’ai aucun diplôme médical ou paramédical. Je n’ai en aucun cas l’ambition ou le projet de vous donner des conseils d’ordre médical. Ce site ne se substitue pas en aucun à un suivi médical ou psy. Les constats et conseils que je partage ici sont fondés sur ma propre expérience et sur celle des personnes que j’ai rencontré jusqu’à présent, y compris lors des groupes de thérapie. Ce dont je suis certaine, c’est qu’on peut se libérer de la boulimie à tout âge, si on fait les bons choix et qu’on concentre son énergie sur les vrais enjeux. Je prends un grand plaisir à en apprendre tous les jours sur la boulimie et les personnalités borderline et davantage encore à partager tout cela avec vous. C’est toujours une grande joie pour moi de recevoir vos gentils commentaires ou vos suggestions d’amélioration. Je reste également toujours disponible par mail (bouledevie@gmail.com), si vous avez besoin d’échanger. Vous pouvez suivre boule de vie sur Twitter, Instagram ou Facebook Amicalement et chaleureusement, ❤ Masha

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